Station Radioamateur

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N’ayant pas de retour positif pour 2024/2025 et 2026, je prend comme référence ces deux années là. Cette analyse s’effectue à partir des informations fournis par le logiciel SH5.

 

Résumé des REF-CW 2022 et 2023

Indicateur

2022

2023

Évolution

QSO

863

881

+18 (+2,1 %)

Doublons

19

21

+2

Callsigns uniques

622

592

−30

Pays

54

44

−10

Départements/fields

28

27

−1

Moves

56

66

+10

Temps de participation

35 h 06

35 h 53

+47 min

Temps de pause

19 h 45

20 h 23

+38 min

Temps réellement opérés

15 h 21

15 h 30

+9 min

QSO/heure opérée

56,2

56,8

+1,1 %

Score annoncé

722 520

846 090

+17,1 %

1. Le premier enseignement : 2023 est nettement meilleur que 2022

La progression du nombre de QSO est finalement assez faible : 863 → 881 QSO : +2,1 %. Mais le score progresse de : 722 520 à 846 090 points : +17,1 %. C'est très important. Cela signifie que la progression de 2023 ne vient pas principalement d'un plus grand nombre de contacts, mais d'une meilleure valeur moyenne des contacts et/ou d'une meilleure exploitation des multiplicateurs. Le score moyen par QSO passe ainsi d'environ :

  • 837 points/QSO en 2022
  • à 960 points/QSO en 2023

soit +14,7 %. C'est probablement le constat le plus important de la comparaison.

2. Le changement majeur : la répartition des bandes

C'est ici que l'évolution est particulièrement intéressante.

2022

  • 80 m : 220 QSO – 25,5 %
  • 40 m : 422 – 48,9 %
  • 20 m : 159 – 18,4 %
  • 15 m : 58 – 6,7 %
  • 10 m : 4 – 0,5 %

Le REF CW de 2022 est donc extrêmement concentré sur 40 m et 80 m. À eux deux : 642 QSO / 863 = 74,4 %.

2023

  • 80 m : 168 QSO – 19,1 %
  • 40 m : 374 – 42,5 %
  • 20 m : 230 – 26,1 %
  • 15 m : 84 – 9,5 %
  • 10 m : 25 – 2,8 %

Et là apparaît une évolution stratégique très nette. J’ai effectué :

52 QSO de moins sur 80 m
48 QSO de moins sur 40 m

mais :

71 QSO de plus sur 20 m
26 QSO de plus sur 15 m

21 QSO de plus sur 10 m

Ce qui est considérable. En d'autres termes, j’ai progressivement quitté une stratégie très fortement centrée sur le 80/40 m pour exploiter les ouvertures sur 20/15/10 m. C'est probablement l'un des facteurs essentiels expliquant pourquoi les 881 QSO en 2023 produisent beaucoup plus de points que 863 QSO en 2022.

3. Le 20 mètres devient véritablement une bande d’exploitation

C'est probablement l'évolution la plus intéressante.

En 2022 : 159 QSO sur 20 m : 18,4 %.

En 2023 : 230 QSO : 26,1 %.

Soit +44,7 % de contacts en plus sur 20 m. Cela change complètement la physionomie du concours. Le 20 m n'est plus simplement une bande complémentaire : elle devient une composante majeure de ma stratégie.

4. Les bandes hautes commencent enfin à être exploitées

2022 : 62 QSO seulement sur 15 + 10 m.

2023 : 109 QSO.

C'est une progression de 75,8 %. Et surtout, le 10 m passe de : 4 QSO en 2022 à 25 QSO en 2023. Même si cela reste quantitativement faible, cela montre que j’ai commencé à profiter des ouvertures sur les bandes hautes. Pour 15 heures 30 d’activité sur un concours de 36 heures, avec 28 heures de présence pour un mono opérateur, c'est exactement le genre d'exploitation qui peut faire gagner des multiplicateurs sans nécessiter énormément de temps.

5. En revanche, le 40 m reste ma bande de prédilection

Malgré la diversification de mon trafic, le 40 m demeure la première bande d’exploitation : 422 QSO (2022) et 374 QSO (2023). Je perd 48 QSO par rapport à 2022, mais cela représente encore 42,5 % du log 2023. Cela ne veut pas dire que je dois abandonner le 40 m pour faire plus de 20 m, non, mais je dois surveiller davantage les ouvertures de bande. Mon log montre plutôt que le 40 m reste la bande prioritaire, mais que 2023 a été meilleur parce que j’ai réussi à compléter mes points avec les bandes supérieures.

6. Mon efficacité d’opérateur est remarquablement stable

C'est un autre résultat intéressant.

2022 : 863 QSO / 15 h 21 = 56,2 QSO/h

2023 : 881 QSO / 15 h 30 = 56,8 QSO/h

Donc seulement : +0,6 QSO/h, soit environ +1,1 %. Autrement dit, je n’ai pas révolutionné ma cadence d'exploitation. L’amélioration du score vient plus de la qualité d’exploitation du concours que d'une accélération spectaculaire du rythme de frappe. C'est une distinction importante.

7. Ma gestion des pauses reste un point stratégique majeur

Et c'est probablement l'aspect qui mérite le plus d'attention pour mes futurs concours.

2022

  • Participation : 35 h 06
  • Pauses : 19 h 45
  • Temps opératoire : 15 h 21

2023

  • Participation : 35 h 53
  • Pauses : 20 h 23
  • Temps opératoire : 15 h 30

J’ai donc passé plus de la moitié du concours en pause sur ces deux années. En 2023, le temps de pause représente même 56,8 % de ma période d’activité. Ce n'est pas nécessairement un défaut : je suis en mono-opérateur et la récupération est indispensable. Mais cela signifie que le positionnement des pauses devient extrêmement important. Une heure passée hors bande pendant une période à 70/80 QSO/h n'a pas du tout le même coût qu'une heure passée hors bande pendant une période à 10 QSO/h. C'est là que mon travail sur VOACAP et l'analyse minute par minute de ma participation peuvent devenir particulièrement utiles. Maintenant, j’ai géré mon trafic en fonction de l’activité sur les bandes : avec une filaire, une GPA30 (14/21/28 MHz) et une GP 40 m, je n’ai pas le même rendement qu’une station avec une beam sur 14/21/28 MHz ! Donc, si je ne reçois plus rien avec ma GPA30, ni sur le 40 m, même avec le S&P actif, quand c’est calme… c’est calme ! D’où les pauses… Mais cela reste un point essentiel à surveiller pour les prochains championnat de France.

8. J’ai davantage "bougé" en 2023

Les changement de bande (Moves) passent de : 56 à 66 (+17,9 %). Cela correspond bien à l'évolution de mon trafic. J’ai davantage utilisé la possibilité de changer de bande et de chercher des ouvertures. Cela paraît cohérent avec la progression du 20, 15 et 10 m. Mais il faudra surveiller un point : un changement de bande doit rapporter suffisamment de contacts/multiplicateurs pour compenser le temps perdu. En SO2V, avec mon équipement et mon expérience, je suis justement dans une configuration où cette optimisation peut devenir très intéressante.

9. Un paradoxe intéressant : davantage de QSO mais moins de stations différentes

En 2022 : 622 callsigns uniques.

En 2023 : 592 callsigns uniques.

Alors que le nombre total de QSO augmente. Cela signifie que mon log 2023 contient proportionnellement plus de stations travaillées plusieurs fois. C'est cohérent avec l'augmentation des doublons : 19 à 21. Le taux de doublons passe de : 2,20 % à 2,38 %. Ce n'est pas catastrophique, mais c'est une petite dérive à surveiller. Elle peut être liée à la stratégie multi-bandes : retravailler une même station sur plusieurs bandes est évidemment indispensable dans ce type de concours, mais il faut éviter les contacts involontairement répétés : mauvaise copie de mon indicatif chez mes correspondants (Même si cela m’arrive aussi).

10. La diversité géographique diminue

Les pays travaillés passent de : 54 à 44. Et les fields de : 28 à 27. Ce point est intéressant parce qu'il semble contradictoire avec la progression de mon score. En réalité, cela confirme que le score ne dépend pas uniquement du nombre de pays contacté. Mais cela indique que j’ai obtenu un meilleur rendement avec un trafic globalement plus concentré. Cela montre que ma performance de 2023 repose davantage sur l'efficacité du trafic que sur une recherche systématique de la diversité géographique.

11. Le résultat corrigé de 2022 mérite une attention particulière

Il faut distinguer deux choses :

  • score annoncé dans SH5 en 2022 : 722 520 points
  • score corrigé (Officiel) en 2022 : 693 240 points

Si je veux faire une comparaison définitive des performances homologuées, je dois prendre le score officiel/corrigé plutôt que le seul score revendiqué dans SH5.

12. Ce que racontent réellement mes deux concours

Si je devais résumer toute l'analyse en quelques phrases :

2022

J’ai réalisé un concours très fortement orienté sur 80 et 40 m, avec une forte concentration du trafic sur les bandes basses. Le rendement horaire était déjà bon, mais la stratégie restait relativement conservatrice : la propagation en est la cause.

2023

J’ai conservé le 40 m comme bande principale, tout en ouvrant beaucoup plus largement ma stratégie sur 20, 15 et 10 m : la propagation à favorisé les ouvertures sur ces bandes (Ma GPA30 offrait des avantages...). Le nombre de QSO n'a presque pas augmenté, mais la valeur moyenne de mon trafic a fortement progressé. Le changement fondamental est donc :

2022 : j’ai réalisé beaucoup de QSO sur les bandes basses.

2023 : j’ai effectué des QSO sur davantage de bandes et j’ai mieux exploiter la propagation.

Et c'est probablement cette évolution qui explique l'essentiel de mes gains.

Mon diagnostic global

Je résumerais mon évolution ainsi :

2022 = bonne performance d’exploitation.
2023 = meilleure performance stratégique.

Et c'est une nuance importante. Ma cadence d'opérateur n'a progressé que très légèrement : 56,2 à 56,8 QSO/h. En revanche, mon efficacité stratégique, elle, semble avoir nettement progressé :

  • meilleure utilisation du 20 m ;
  • meilleure exploitation du 15 m ;
  • apparition d'un véritable trafic sur 10 m ;
  • davantage de changements de bande ;
  • maintien d'une forte activité sur 40 m ;
  • score/QSO en hausse de 14,7 %.

C'est donc davantage ma stratégie et pas ma vitesse d'opération qui a créé une progression de mon score entre 2022 et 2023. Mes résultats semblent montrer que la stratégie globale d'exploitation des bandes est devenue plus importante que la simple recherche d'un maximum de QSO.

Hervé, F6UGW
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